Fabrication d’un correcteur de date

Une belle montre est arrivée à l’atelier avec un des correcteurs ne fonctionnant pas.

C’est une montre de la marque Richard, marque qui n’existe plus, et qu’on appelle montre calendrier, car elle contient le jour (lundi, etc.), la date (1 à 31), le mois et la phase lunaire, généralement.

Ici, la date est montrée par la flêche bleue au centre du cadran.

Un correcteur, en horlogerie, peut signifier deux choses. Je mets ici les définitions de l’excellent dictionnaire en ligne Berner :

1. correcteur n. m.

Qui corrige, remet en place. En horlogerie, levier généralement accessible de l’extérieur de la boîte de montre, qui sert à remettre un organe dans une position déterminée.

A
Correcteur de quantième, qui sert à corriger les indications du quantième; il est actionné à la main.

(définition de 1961)  id : 1107

2.correcteur n. m.

Poussoir généralement noyé dans la carrure, destiné essentiellement à la correction.

(définition de 1995)  id : 1108

 

Le mouvement présent dans la montre est un mouvement AS 1402N.

Le correcteur cassé est la pièce grise en bas à droite. Elle a normalement une petite languette horizontale qui descend sur le côté du mouvement sur laquelle le poussoir correcteur va appuyer pour le faire pivoter. Lors d’un appui certainement trop fort, cette languette a cassé.

Vu l’épaisseur de la pièce, 5/10 mm, je choisi de prendre un morceau de ressort de pendule pour la refaire. Un ressort est trempé et revenu, afin qu’il soit solide mais souple. Il faut le détremper, car sinon, il sera trop dur pour le découper.

Je trace la forme à découper sur le ressort.

il s’agit de la chauffer à la flamme jusqu’à ce qu’il soit rouge, puis éloigner la flamme doucement de la pièce afin qu’elle refroidisse lentement. Après, on peut l’attaquer. Ensuite, vient le moment de découper la forme en limant.

On arrive à une forme grossière. Je laisse une partie à droite que je devrais plier afin de former la languette de contact avec le poussoir.

Je perce un trou pour le point de pivotement. Je lime encore un peu pour les ajustements afin que la pointe en haut entre bien entre deux dents de la roue, pousse celle-ci et se retire après que le sautoir, le ressort à droite, qui a une pointe entre deux dents de la roue, fasse sauter la roue sur la dent suivante.

C’est assez délicat car si je lime un peu trop, je dois tout refaire.

En vidéo, l’essai de la fonction. Tout fonctionne comme prévu.

Après, j’effectue la pliure pour le contact et je regarde si ça entre bien dans le cercle d’emboîtage et ses fentes.

Il ne reste plus qu’à polir les parties en contact avec d’autres pièces, comme la pointe qui touche les dents de la roue ainsi que l’arrondi qui touche le ressort, et à retirer la couleur noire de la trempe précédente.

Mise en place du correcteur. Ça va, il ne détonne pas trop par rapport aux autres…

Dernier essai avec le cadran et l’aiguille. C’est bon ;-).

Il ne reste plus qu’á faire l’entretien et remonter la montre… merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

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